De nos territoires à la CSW70 : les Femmes Autochtones impulsent la mise en œuvre de la Recommandation générale n° 39 de la CEDAW
La 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) constitue un espace politique clé pour faire avancer les engagements mondiaux en matière d’accès à la justice, d’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires, ainsi que de participation pleine et effective des femmes aux processus de décision. Dans ce cadre, la participation organisée des Femmes Autochtones est cruciale pour exiger des États le respect de leurs obligations internationales.
Pour les Femmes, Filles et Jeunes Autochtones, ces engagements demeurent urgents et, dans de nombreux cas, non respectés. Dans toutes les régions, elles font face de manière systématique à des obstacles structurels dans leur accès à la justice, à des niveaux élevés de violence et de discrimination, ainsi qu’à une exclusion persistante des espaces politiques et publics. Bien que des normes internationales relatives aux droits de la personne existent—telles que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF)—leur mise en œuvre aux niveaux national et local reste limitée et inégale.
Dans ce contexte, la CSW70 ne peut se limiter à une simple réaffirmation des engagements. Elle doit également être un espace visant à impulser des actions concrètes permettant de combler l’écart entre les normes internationales et la vie quotidienne des Femmes, Filles et Jeunes autochtones.
Des normes internationales à la réalisation de nos droits individuels et collectifs
L’adoption de la Recommandation générale n° 39 du Comité de la CEDEF, spécifiquement consacrée aux droits des Femmes, Filles et Jeunes Autochtones, constitue une étape historique dans le système international des droits de la personne et dans la lutte collective des Peuples autochtones. La RG39 reconnaît de manière intégrale et structurelle les formes multiples de discrimination auxquelles elles sont confrontées, en articulant le genre, l’âge, l’identité autochtone, les droits collectifs, le territoire, l’autodétermination et les visions du monde autochtones.
Toutefois, son adoption ne garantit pas, à elle seule, des transformations réelles. La RG39 prend tout son sens lorsqu’elle devient un outil d’exigibilité et de mise en œuvre effective, capable d’orienter les politiques publiques, les réformes juridiques, les allocations budgétaires et les mécanismes de reddition de comptes.
La CSW70 comme espace politique pour faire avancer la RG39
La CSW70 représente une occasion concrète de renforcer les exigences liées à la mise en œuvre de la RG39. Pour le Forum international des Femmes Autochtones (FIMI), cette session constitue un moment stratégique pour coordonner le plaidoyer des Femmes autochtones sur la scène internationale, dialoguer directement avec les États et les entités du système des Nations Unies, et positionner la RG39 comme un instrument clé au sein des cadres internationaux relatifs au genre et aux droits de la personne.
La participation du FIMI à la CSW70 s’inscrit dans un processus politique continu, construit à partir des territoires, articulé au niveau régional et projeté dans les espaces internationaux, selon une logique de suivi, d’alliances, d’incidence et d’exigibilité des droits.
Renforcer la participation politique et la coordination internationale
Dans le cadre de la CSW70, le FIMI promeut un agenda visant à renforcer la participation politique, la coordination et le plaidoyer collectif des Femmes Autochtones, dans le but de faire avancer la mise en œuvre du Plan d’action quinquennal de la RG39 et de promouvoir le respect des droits des Femmes, Filles et Jeunes Autochtones.
Parmi les objectifs stratégiques de ce processus figurent :
- Convoquer un espace international de coordination des Femmes Autochtones afin de favoriser le dialogue interrégional et intergénérationnel, la construction de stratégies collectives et le renforcement de l’action politique conjointe.
- Faciliter des espaces de travail avec les réseaux régionaux de Femmes Autochtones pour mettre en commun les plans de plaidoyer et aligner les priorités d’action internationale tout au long de l’année 2026.
- Identifier des leviers clés pour le plaidoyer et des actions collectives afin d’exiger la mise en œuvre de la RG39 dans les espaces des Nations Unies et autres forums multilatéraux.
- Renforcer la visibilité et l’influence des voix des Femmes Autochtones dans les espaces internationaux de prise de décision, grâce à une participation coordonnée à des événements parallèles, des dialogues bilatéraux et des rencontres avec des alliés stratégiques.
- Construire et convenir de positionnements politiques articulant les revendications en matière de justice, d’égalité, de droits culturels, de justice climatique et d’autodétermination.
De la recommandation à l’action soutenue
Parler de mise en œuvre, c’est parler de responsabilité des États, de volonté politique et de justice historique. La RG39 offre un cadre solide; son impact dépendra de l’engagement concret des États et de la capacité des Femmes autochtones organisées à continuer d’exiger son application effective.
Sur le chemin vers la CSW70, le message est clair : sans mise en œuvre, il n’y a pas de droits, et sans la participation des Femmes autochtones, il ne peut y avoir de justice pour les Femmes, Filles et Jeunes autochtones.Au FIMI, nous continuons à marcher ensemble—depuis les territoires jusqu’aux espaces internationaux—afin que la RG39 se traduise par des transformations réelles, durables et profondément enracinées. Femmes, Filles et Jeunes Autochtones marchons ensemble pour la mise en œuvre de la RG39 : de la recommandation à l’action soutenue.